| Titre | Mobilité professionnelle et interinstitutionnelle entre les trois types de Hautes écoles suisses et le secteur privé, chez les cadres supérieur-e-s et intermédiaires. Entre stratégies d’adaptation, sens donné au travail et légitimité professionnelle |
| Auteur | Delphine ETIENNE-TOMASINI |
| Directeur /trice | Prof. David Giauque, UNIL, IDHEAP |
| Co-directeur(s) /trice(s) | non |
| Résumé de la thèse | Les Hautes écoles suisses, qu’il s’agisse des Hautes Écoles spécialisées (HES), des Hautes Ecoles universitaires (HEU) ou des Hautes Écoles pédagogiques (HEP), jouent un rôle central dans le développement économique, scientifique et social du pays. Leur gouvernance repose sur un équilibre entre autonomie académique, responsabilité stratégique et engagement envers la société (Lüscher & Neuweg, 2018). À cette fin, le processus de recrutement du personnel constitue une étape cruciale, permettant de renforcer la qualité académique et opérationnelle tout en alignant les compétences individuelles avec la vision stratégique des institutions (Schwarz & Matusitz, 2017), des hautes écoles qui s’inscrivent pleinement, par des processus d’accréditation institutionnelle à l’échelle nationale, dans le « New public management », avec une orientation sur les résultats et l’atteinte des objectifs, avec des indicateurs de performance et des prestations fournies répondant aux besoins des « client-e-s » (étudiant-e-s, apprenant-e-s adultes, partenaires externes, etc.). La gouvernance des Hautes écoles en Suisse repose ainsi sur un modèle décentralisé, caractérisé par une liberté décisionnelle relativement importante des institutions dans leurs choix stratégiques et opérationnels (Bendix & Jørgensen, 2017). Cependant, cette autonomie doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse des ressources humaines, notamment dans le recrutement du personnel académique et administratif. Selon le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) entre la Confédération et les hautes écoles, la qualité et la performance institutionnelles dépendent en grande partie de la compétence des équipes (OECD, 2018). L’évaluation des profils lors du recrutement est donc essentielle pour garantir que le personnel recruté dispose des compétences nécessaires pour contribuer à la mission stratégique. Elle doit permettre d’identifier non seulement les qualifications techniques mais aussi les qualités personnelles, l’adéquation à la culture institutionnelle et l’engagement envers les valeurs de l’école (Kleinherenbrink & Van der Heijden, 2019). Dans ce contexte spécifique, la question de la mobilité professionnelle et interinstitutionnelle revêt une importance majeure.
Or, ce projet de recherche doctorale vise à analyser les dynamiques de mobilité professionnelle et interinstitutionnelle entre les différents types de Hautes écoles en Suisse (Hautes écoles pédagogiques, Hautes écoles spécialisées, Hautes écoles universitaires) et le secteur privé, en se concentrant sur les cadres supérieur-e-s et intermédiaires impliqué-e-s dans la gouvernance des hautes écoles ou la gestion d’équipes. La mobilité professionnelle et interinstitutionnelle, ainsi « placée sous la loupe », inclura tout autant dans son analyse, un passage du secteur privé vers le secteur public (HES, HEP, HEU) que celui d’un type de Haute Ecole à l’autre (par exemple d’une HEP à une HEU). L’étude doctorale s’inscrit dans une perspective approfondie des stratégies d’adaptation adoptées par ces professionnel-le-s, de la transférabilité de leurs compétences, du sens donné au travail et de la recherche de légitimité professionnelle, dans le nouvel environnement de travail. En mobilisant une approche qualitative combinée à une analyse stratégique, cette recherche entend contribuer à la compréhension des enjeux liés à la mobilité professionnelle et interinstitutionnelle, aux stratégies d’adaptation, et à la gouvernance dans un contexte suisse marqué par une diversité institutionnelle et la nécessité de recruter des profils aux parcours riches et aux compétences variées, adaptées aux besoins spécifiques de chaque institution du degré tertiaire. Or, la mobilité professionnelle constitue un phénomène central dans le contexte contemporain du marché du travail, caractérisé par une flexibilisation accrue, une évolution rapide des compétences requises, et une recomposition des secteurs d’activité (Sennett, 2006). En Suisse, la diversité du paysage éducatif, comprenant les hautes écoles pédagogiques (HEP), spécialisées (HES) et universitaires (HEU), ainsi que leur interaction d’une part entre elles et d’autre part avec le secteur privé, soulève des questions fondamentales sur la fluidité des parcours professionnels et l’accueil de profils jugés comme compétents, notamment pour les cadres en charge de la gouvernance même des Hautes Ecoles (direction ou comité de direction, rectorat, etc) ou de la gestion d’équipes. Ce projet se focalise ainsi sur ces parcours de mobilité, en s’intéressant à la manière dont les cadres interrogé-e-s naviguent entre le secteur académique et le secteur privé, avec une attention particulière portée à leurs stratégies et à leurs dynamiques d’adaptation, aux compétences transférables et à leur expertise reconnue comme légitime, ainsi qu’à la signification qu’ils-elles donnent à leur nouvelle activité. La problématique vise à comprendre comment ces trajectoires influencent, ou non, la gouvernance et les pratiques RH des hautes écoles, et comment elles participent à la construction de nouvelles formes de recrutement du personnel et de gouvernance dans un contexte en mutation, entre sens donné au travail individuellement et sens donné au travail à titre collectif et institutionnel. Questions de recherche La mobilité professionnelle, largement étudiée dans la littérature en sciences sociales (Chudzikowski, 2012), est souvent perçue comme un vecteur de développement personnel, d’innovation organisationnelle et de circulation des compétences (Frenette et al., 2012). Les modèles de gouvernance des hautes écoles suisses sont diversifiés, oscillant entre autonomie académique, responsabilisation des directions et partenariats avec le secteur privé (Gessner, 2013). La littérature souligne que ces configurations influencent fortement les trajectoires professionnelles des cadres, ainsi que leur perception de leur rôle dans la gouvernance (Schmidt et al., 2017). Ce doctorat vise principalement à répondre aux deux questions suivantes : • Quelles sont les stratégies et les dynamiques d’adaptation adoptées par les cadres supérieurs et intermédiaires en charge de la gouvernance ou de la gestion d’équipes lors de leur transition entre différents types de Hautes Ecoles, respectivement du secteur privé vers une Haute Ecole, en Suisse ? • Quel sens ces professionnels donnent-ils à leur nouvelle activité professionnelle et à leur rôle dans la gouvernance ou la gestion d’équipe ? comment estiment-ils/elles que leur expertise est reconnue, leur conférant, ou non, une légitimé professionnelle sur leur (nouveau) lieu de travail ? Au terme de cette recherche doctorale que j’envisage comme « recherche-action », je me demanderai comment ces trajectoires influencent la gouvernance des hautes écoles et participent à la construction de nouvelles formes de pratiques de formation continue RH (ateliers de formation continue, grilles d’évaluation revisitées, etc.), d’une part qui pourraient être suivis pour favoriser l’entrée dans le nouveau poste de travail (« onboarding ») par ces personnes, mais également d’ateliers qu’elles pourraient donner, elles, à leurs nouveaux et nouvelles collaborateurs-trices, afin de les faire bénéficier de leur expertise. |
| Statut | au début |
| Délai administratif de soutenance de thèse | 2029 |
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