Le renouveau de l'observation en sciences sociales à travers l'approche du travail et des pratiques professionnelles.

Séminaire résidentiel méthodologique

6 et 7 mai, Charmey, Hôtel Le Sapin (Plan d'accès)

 

Itinéraires et horaires de train/bus

 


Sous la responsabilité de:

Mathilde Bourrier, professeure ordinaire, UNIGE ; André Ducret, dr. habil. maître d'enseignement et de recherche, UNIGE; Muriel Surdez, professeure associée, UNIFR

 

Délai d’inscription : 11 avril 2010

 

Ce séminaire résidentiel poursuit un double objectif:

 

 

 

1) il propose une réflexion sur les apports de la démarche ethnographique en sociologie en montrant que cette pratique méthodologique recouvre des usages variés et qu’elle constitue une perspective et une méthodologie « en mouvement », dont les développements récents peuvent intéresser l’ensemble des doctorants en sociologie et dans d’autres disciplines1;

2) il se concentre sur l’observation des situations et des pratiques de travail, car l’observation ethnographique soulève, dans ce domaine de recherche, des interrogations particulièrement fécondes et donne lieu à de nombreux travaux ancrés dans différents courants sociologiques.


Les processus de travail sont-ils ainsi devenus de plus en plus « transparents » dans la mesure où la demande de justification des actions au travail, du rendement, de l’efficacité deviennent des normes qui traversent tous les domaines d’activité ? Est-il dès lors plus aisé ou, au contraire, plus difficile d’examiner ces processus de travail et d’en rendre compte ? Et comment prendre la mesure des changements qui affectent les manières dont les individus travaillent dans divers types d’organisations ou de métiers sans les subsumer d’emblée sous un modèle unique?


Il faut le souligner, ce module de formation n'est pas destiné aux seuls doctorant-e-s abordant dans leur thèse un thématique axée sur le travail. S'il vise à faire le point sur les perspectives et méthodologies qui se sont développées pour accéder aux pratiques de travail et aux contextes dans lessquels elles se déroulent, sa portée se veut plus générale. Il sera ainsi l'occasion d'une réflexion collective sur les rapports entre la méthodologie et le questionnement adopté (comment l'observation s'ajuste-t-elle ou s'oriente-t-elle par rapport à une problématique de recherche?) ainsi que sur les échelles, instruments et modalités de l'observation. Il s'agit de donner un aperçu de ces enjeux méthodologiques et techniques à des doctorant-e-s qui auraient choisi d'autres terrains de recherche, comme celui des politiques publiques, par exemple, lesquelles impliquent des professionnels et résultent bien souvent de leurs interactions (l'aménagement d'un quartier, une politique migratoire, la création d'un équipement culturel, un type de sois et de prise en charge à l'hôpital, etc.).

Ce séminaire résidentiel s’appuiera, pour l’essentiel,  sur des travaux qui se proposent de mener une réflexion sur l’étude ethnographique du travail, sur ses apports, sur les questionnements renouvelés qu’elle implique ou qu’elle fait surgir (cf. liste des publications des intervenant-e-s).  Mais il ne suffit pas de se proclamer « ethnographe » pour savoir ce qui va être observé (des conversations, des relations entre professionnels ou avec des clients, des techniques, des investissements personnels, des conflits, des mobilisations, etc.), ni pour savoir comment se positionner par rapport à son terrain d’enquête (non seulement le « choisir », négocier l’entrée et sa place, mais aussi s’impliquer ou se demander quel « intérêt » on éprouve pour ce milieu). Qui  plus est, l’observation n’exclut pas le recours d’autres méthodes de recherche ; tout au contraire, elle débouche parfois sur des articulations spécifiques, notamment avec la pratique des entretiens. Aussi nous attacherons-nous, lors de ce séminaire résidentiel, à repérer quel regard (renouvelé ? diversifié ?) les sociologues peuvent porter sur le travail – et, le cas échéant, sur d’autres terrains de recherche - en usant de l’observation dans toute sa diversité.

 

1 Deux livres publiés récemment traduisent la vitalité de ce renouveau: Jean Peneff, Le goût de l'observation, Paris, La Découverte, 2009 et Anne-Marie Arborio et al. Observer le travail, Histoire, ethnographie, approches combinées, Paris, La Découverte, 2009.

Programme

 

Jeudi 6 mai 2010

 

9h30Café et accueil des participants
10h - 10h30Introduction au thème du séminaire par les responsables du module de formation et présentation réciproque des participant-e-s ainsi que de leurs terrains de recherche
10h30 - 11h30

Anne-Marie Arborio (Université Aix-Marseille)

Comment l'ethnographie du travail s'est imposée dans une recherche sur les trajectoires de personnels hospitaliers

Discutante: Muriel Surdez (UNIGE)

15' discussion

11h30 - 12h

Discussion générale:

- Quelles sont les facettes du travail qui sont observables?

- Quels sont les processus analysés par la sociologie du travail qui sont observables?

- Renouveau ou continuité des travaux qui se basent sur l'observation?

- Et pourquoi l'observation du travail serait-elle spécifique par rapport à l'observation d'autres phénomènes sociaux?

12h - 13h30Repas de midi
13h30 - 14h30

Mathilde Bourrier (UNIGE)

Pour une sociologie "embarquée" des univers à risque: les implications de la négociation de l'accès au terrain

Discutante-doctorante: Clara Barrelet (UNIGE)

15' discussion

14h45 - 15h30

Philippe Longchamp (HEDS, HES-SO, Genève)

Des infirmières scolaires dans l'espace social

Discutante: Anne-Marie Arborio (Université d'Aix-Marseille)

15' discussion

15h45 - 16hPause café
16h - 17h

Marie-Christine Pouchelle (EHESS)

"Elle vient voir si on a un os dans le nez": pratique de l'ethnographie en milieu hospitalier, en particulier au bloc opératoire et en réanimation

Discutante-doctorante: Magali Dubey (UNIGE)

15' discussion

17h15 - 18hSynthèse de la première journée par les responsables du module

 

La journée du 6 mai sera suivie, dès 19h, d'une partie récréative, avec visite d'une fromagerie.

Vendredi 7 mai 2010

 

9h - 10h

Hyacinthe Ravet (Université Sorbonne, Paris 4)

Observer le travail musical

Discutante-doctorante: Miriam Odoni (UNIGE)

15' discussion

10h15 - 10h45Pause café
10h45 - 11h45

Marianne Modak (EESP Lausanne)

Observer un travail invisible, les pratiques de care (du « prendre soin ») dans le travail social : le cas du métier d’AS

Discutant: André Ducret (UNIGE)


15' discussion

12h - 13h30Repas de midi
13h30 - 14h30

Hélène Martin (EESP/HESSO, Lausanne)

Les enjeux sexués de l'entreprise. Enquête anthropologique dans la région d'Agadir (Maroc)

Discutante-doctorante: Valérie Rolle (UNIL & HEAD/HESSO, Genève)

15' discussion

14h45 - 15h30

Michael Meyer (UNIL)

Quand le sociologue se met le doigt dans l'oeil: le regard ethnographique à l'épreuve des compétences visuelles policières

Discutant-doctorant: David Pichonnaz (UNIFR)

15' discussion

15h45 - 16hPause café
16h - 16h45Synthèse de la seconde journée et clôture du séminaire résidentiel

 

Intervenants

 

Anne-Marie ARBORIO

anne-marie.arborio(at)univ-provence(dot)fr

 

Anne-Marie Arborio est Maître de Conférences en Sociologie à l'Université d'Aix-Marseille et chercheur au Laboratoire d'Economie et de Sociologie du travail (LEST).  Ses recherches portent sur les professions de santé, en particulier dans le monde hospitalier. Elles ont notamment abordé différentes dimensions des carrières en prêtant attention aux parcours à travers des postes, des espaces de pratique, des statuts avec un intérêt particulier pour les carrières marginales ou atypiques (intérim pour les infirmières, industrie pharmaceutique pour les médecins). Elles se caractérisent par l'usage combiné de méthodes variées : traitement d'archives, entretiens, analyse secondaire de données quantifiées, observation directe.

 

Quelques publications :

« Délégation et professionnalisation autour du "sale boulot" : les aides-soignantes à l’hôpital », in Didier Demazière, Charles Gadéa (Dir), Sociologie des groupes professionnels. Acquis récents et nouveaux défis, Paris, La Découverte, Coll. Recherches, 2009, pp. 51-61.

Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées (avec Yves Cohen, Pierre Fournier, Nicolas Hatzfeld, Cédric Lomba, Séverin Muller), Paris, La Découverte, Coll. Recherches, 2008, 351 p. 

« L’observation directe en sociologie : quelques réflexions méthodologiques à partir de travaux de recherche sur l’hôpital », Recherche en soins infirmiers, n° 90, 2007, pp. 26-34. 

L’Enquête et ses méthodes : l’observation directe (avec Pierre Fournier), Paris, A. Colin, Coll. 128 Sciences sociales, 2005 (1re éd. Nathan, 1999), 128 p.

« Quelques questions concernant l’utilisation des "sources orales" à partir d’une enquête sociologique sur le personnel des hôpitaux », La Gazette des archives, n° 198, juin 2005, pp. 63-71. 

« Des hommes dans des “ métiers de femmes ” : mixité au travail et espaces professionnels dévalorisés » (avec Tania Angeloff), Sociologia del lavoro, n° 85, 2002, pp. 123-135.

Un Personnel invisible. Les aides-soignantes à l’hôpital, Paris, Anthropos-Economica, Coll. Sociologies, 2001 (réimpr. 2005), 334 p.

 

Mathilde BOURRIER

mathilde.bourrier(at)unige(dot)ch

T : + 41. 022 3798326

Mathilde Bourrier est professeur ordinaire de sociologie au Département de sociologie de l'Université de Genève. Elle est sociologue des organisations et du travail. Ses travaux portent sur les organisations du haut-risque (nucléaire civil en particulier) sous plusieurs angles : celui des conséquences de l'extrême procéduralisation du travail, celui des modalités de transgression des règles dans les milieux ultra-contraints, celui des facteurs de fiabilité/d’infiabilité organisationnelle. Dans son premier livre, Le nucléaire à l’épreuve de l’organisation (1999), elle démontre par quels mécanismes la conception organisationnelle influence les pratiques au travail. Revisitant ainsi une vieille « conventional wisdom » de la sociologie des organisations prétendant que la règle n’existe que pour être contournée, elle montre que les contournements n’émergent pas partout comme une solution naturelle pour les acteurs. Mathilde Bourrier pratique l’ethnographie organisationnelle, mêlant immersion au sein d’équipes et campagnes d’entretiens dans des univers où le regard du sociologue n’est pas d’emblée le bienvenu. Les interrogations nées au cours de ces années d’enquête ont donné matière au texte qui sera mis en discussion lors du séminaire résidentiel de mai 2010. Depuis son arrivée à Genève, elle a développé son enseignement et ses recherches autour de la pratique ethnographique dans les organisations. Deux enquêtes ont été réalisées dans le cadre des ateliers de recherche du master de sociologie : la première bientôt publiée chez Médecine et Hygiène, intitulée « Apprendre devant témoins : L’apprentissage des médecins hospitaliers » traite de l’apprentissage des médecins anesthésistes en ambulatoire au lit de malades éveillés ; La seconde intitulée « Nous, on soigne rien sauf des machines» : Le pouvoir de l'ombre des aides-soignants en Anesthésie » (rapport de recherche, juin 2009).Enfin, elle développe actuellement une recherche au sein d’une équipe de recherche américaine basée à Berkeley, financée par la National Science Foundation américaine sur les réponses organisationnelles des organismes de santé publique internationaux, nationaux et locaux face à la menace de pandémie grippale. Sa contribution porte plus spécialement sur la gestion des prises de décision au sein du GAR (Global Alert and Response Dpt) à l’Organisation Mondiale de la Santé, basée à Genève.

Quelques publications (sélection):

Le nucléaire à l’épreuve de l’organisation, Coll. Le Travail Humain, Paris, Presses Universitaires de France, 1999

Mathilde Bourrier (ss la dir. de), Organiser la Fiabilité, Coll. Risques Collectifs et Situations de Crise, Paris, L’Harmattan, 2001

« Bridging Research & Practice: The Challenge of Normal Operations Studies», Journal of Contingencies and Crisis Management, Vol.10, N° 4, 173-180, 2002

«The Contribution of Organizational Design to Safety», European Management Journal, Vol. 23, N°1, 98-104, 2005

«Risques et Organisations », in Face au Risque, Claudine Burton-Jeangros, Christian Grosse et Valérie November (eds.), L’Equinoxe, Collection de sciences humaines, Genève, Georg Editeur, 159-182, 2007

«Das Vermächtnis der High Reliability Theorie». in: Johannes Weyer & Ingo Schulz-Schaeffer (Hg.), Management Komplexer Systeme, Konzepte für die Bewältigung von Intransparenz, Unsicherheit & Chaos, München: Oldenbourg, 119-146, 2009

«Maintenance, risque et fiabilité organisationnelle : une première exploration », in : Gilbert de Terssac, Ivan Boissières et Irène Gaillard (eds.), La sécurité en action, Collection Le travail en débats, Toulouse, Octares, 101-119, 2009

Mathilde Bourrier, avec la collaboration de Sami Coll, « Apprendre devant témoins : L’apprentissage des médecins hospitaliers » (à paraître, Médecine et Hygiène, Genève)

Mathilde Bourrier (ss la dir. de), « Nous, on soigne rien sauf des machines» : Le pouvoir insoupçonné des aides-soignants en Anesthésie », Sociograph No8/2009

Mathilde Bourrier & Michael Baram (eds.), Governing Risk Posed by Genetic Modification of Agriculture (à paraître Cambridge University Press)

Mathilde Bourrier, « Pour une sociologie ‘embarquée’ des univers à risque » (article accepté, 2009) ; Huit essais sur le haut-risque, 2009 (en préparation).

Philippe LONGCHAMP

philippe.longchamp(at)hesge(dot)ch

Philippe Longchamp est sociologue, professeur à la Haute Ecole de Santé de Genève. Ses domaines de recherche ont touché à des sujets aussi divers que les rapports entre fumeurs et non fumeurs, les conditions de vie des personnes âgées, la coopération entre infirmières et médecins, les coureurs de la Course de l’Escalade et la consommation de médicaments psychotropes chez les jeunes. Depuis quelques années, il s’intéresse tout particulièrement à la relation entre inégalités sociales et inégalités de santé. Cette problématique fait l’objet de la thèse de doctorat qu’il mène actuellement au département de sociologie de l’Université de Genève.

Parmi ses publications, on signalera :

« Liberté, normalité, obsession. Aus dem Leben eines Junggesellen », in Honegger, Claudia; Rychner, Marianne, Das Ende der Gemütlichkeit, Limmat Verlag, 1998 (en collaboration avec G.Kaëser)

La Course de l’Escalade, miroir de son temps, héritière des siècles, Editions Cabédita, 2002 (en collaboration avec P. Morath)

« Entre paroles et actions, appréhender la complexité de la coopération en milieu hospitalier », in Cahiers de l’Institut de Linguistique et des Sciences du Langage de l’Université de Lausanne, no 16, 2004, pp. 97-130 (en collaboration avec D. Lanza, L. Seferdjeli et R. Müller)

«La Confusion. Critique épistémologique des sciences infirmières », in Carnets de bord en sciences humaines, no 10, décembre 2005, pp. 104-116

« Você disse autonomia ? Uma breve percepção da experiência das crianças », in Revista Perspectiva, V. 25, no1, janvier/juin 2007 (en collaboration avec C. Montandon)

« Des infirmières scolaires dans l’espace social », Actes du 77ème Congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), Paris, Maison des sciences de l’homme Paris-Nord, 2009. Accès : http://documentation.mshparisnord.org/?id=71&exp=3;11

« Santé et inégalité sociales : l’exemple des consultations infirmières en milieu scolaire », Actes du colloque « La production des inégalités » organisé par la Société Suisse d’Histoire Economique et Sociale, Zurich, Editions Chronos, 2009 (à paraître) (en collaboration avec D. Lanza)

« Des infirmières scolaires dans l’espace social », Carnets de bord en sciences humaines, no 16, novembre 2009 (à paraître).

Hélène MARTIN

hmartin(at)eesp(dot)ch

Hélène Martin est anthropologue. Professeure à l'Ecole d'études sociales et pédagogiques, Haute école de travail social et de la santé, à Lausanne, elle enseigne et mène des recherches dans les domaines des rapports sociaux de sexe, du travail professionnel et de la déviance.

Publications :

2006. « Commerces et types d’échanges. Illustration par illustrations «. Tsantsa. Revue de la société suisse d’ethnologie 11 : 124-137.

2005. « Les métamorphoses d’un objet de recherche anthropologique. Commerçantes et artisanes indépendantes dans la région d’Agadir (Maroc) «. Tsantsa. Revue de la société suisse d’ethnologie 10 : 162-166.

2001. « Lieux de passage et personnages intermédiaires. Une anthropologie d’espaces urbains marocains «. Archivio Antropologico Mediterraneo 3-4 : 181-192.

2001. « Les deux faces du terrain de l’anthropologue ou le terrain comme étape de la démarche anthropologique et comme rite institutionnel ». Carnets de bord 2 : 78-86.

1998. «À propos d'une ‘pratique exotique’ : petite critique de discours relativistes ou ethnocentriques renvoyant l'excision à une altérité radicale». Interdialogos ; idées pour une éducation en contextes interculturels 1 – 1998 : 19-23.

Rey, Séverine, Hélène Martin, Elisabeth Bäschlin. 2008. « Identités et conflits en Méditerranée : un jeu de miroirs au détriment des femmes ? [Edito] «. Nouvelles Questions Féministes 27(3) [ « Féminismes autour de la Méditerranée» ] : 4-12.

Hertz, Ellen, Hélène Martin et Séverine Rey. 2002. « Composer avec l’égalité : (re)maniements masculins [Edito] «. Nouvelles Questions Féministes 21(3) [«  Les répertoires du masculin »] : 4-13.

Michael MEYER

michael.meyer(at)unil(dot)ch

Michaël Meyer est sociologue, assistant d’enseignement en sociologie de l’image à l’Université de Lausanne. Il est doctorant en cotutelle aux universités de Nantes et de Lausanne. Ses domaines actuels de recherche sont la police, les savoirs ordinaires du travail policier et les pratiques d'intervention en situations d’urgence. Sa démarche prend appui sur la sociologie visuelle et les méthodes qualitatives d’instrumentation des images en sciences sociales. Dans cette perspective, il recourt à la photographie pour étudier sur le terrain le travail de police-secours, mais il s’intéresse aussi aux répertoires iconographiques de la police dans les médias.

 

Bibliographie (police et images) :

 

Meyer Michaël, « La sociologie visuelle pour «enquêter visuellement» ? L'image comme objet, travail et culture de l'enquête qualitative ». Magma. Rivisita dell'Osservatorio dei Processi Comunicativi vol.6, n°2, 2008

Meyer Michaël, « Quand la présence policière fait événement : quelques usages visuels de la police dans la presse illustrée ». In: Haver G. (dir.) Photo de presse : usages et pratiques. Antipodes, Lausanne, pp. 127-140, 2009.

Meyer Michaël, « Le regard du sociologue et l’ordinaire visuel des policiers. Négociation, perturbation et photo-stimulation dans une démarche de sociologie visuelle. ». In Papinot Ch. et Barbier-Le Déroff M.-A. (dir.), L’image dans la fabrique des sciences sociales. L’échange de vues comme source de connaissance, A paraître en 2010.

 

Marianne Modak

mmodak@eesp.ch

Marianne Modak est professeure à la Haute école de travail social et de la santé, École d’Études Sociales et Pédagogiques (EESP) de Lausanne et son enseignement porte prioritairement sur la famille et les rapports sociaux de sexe. Elle a notamment conduit deux recherches sur la paternité et la parentalité séparée, ainsi qu’une étude sur le travail de care effectué par des assistantes et assistants sociaux dans différents services sociaux. Elle participe actuellement à une étude sur la normativité familiale des travailleurs et travailleuses sociales dans le cadre de l’aide sociale publique. Elle est par ailleurs co-responsable du REAS2, un des quatre réseaux de compétences de la HES-S0.

Publications récentes en lien avec l’objet de sa conférence

La reconnaissance du care dans le travail social : éléments pour une analyse du travail des assistant·e·s sociales (avec Natalie Benelli et C. de Kinkelin) (2008). In : M. Rosende et N. Benelli (eds) Laboratoires du travail. Lausanne : Antipodes.

Dilemmes et engrenages dans les pratiques de care. L’exemple du travail social (avec Françoise Messant). (2009). Revue {petite} enfance. N°100, sept., pp.28-38.

Analyser un objet invisible : le travail de care (avec Natalie Benelli). (2010). Revue française de sociologie. 51-1, pp. 39-60.

 

Marie-Christine POUCHELLE

pouchel(at)ehess(dot)fr

www.ehess.fr/centres/cetsah

Marie-Christine Pouchelle est directeur de recherche au CNRS depuis 1990. Elle a travaillé de 1977 à 2002 au Centre d’Ethnologie Française (Paris) et depuis 2003, elle est rattachée au Centre Edgar Morin (ex-CETSAH), au sein de l'équipe de l'Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (CNRS/EHESS). Ses premiers travaux, qui ont donné lieu à une thèse d'ethnologie dirigée par Georges Duby et Eric de Dampierre, ont été publiés en 1983 chez Flammarion sous le titre Corps et Chirurgie à l’apogée du Moyen Age. Elle est spécialiste, entre autres, des liens entre corps, santé, chirurgie, sang et couleur. Ses travaux portent à la fois sur le Moyen Age et sur la période contemporaine. Elle a également travaillé la question du sentiment religieux, du sacré, de la voyance et de la sorcellerie. Depuis 1992 ses analyses se sont plus particulièrement orientées vers les logiques sociales et symboliques qui organisent aujourd’hui dans les établissements hospitaliers la prise en charge du malheur biologique et psychique. A la croisée de l’anthropologie médicale et de l’anthropologie religieuse, il s’agit plus largement d’une anthropologie du champ symbolique organisée autour de la question de la prise en charge du corps, voire de la « prise de corps ».  La vision médico-technique du corps imposée aux patients et aux soignants à l’hôpital, et le refus (sauf exception) de prendre collectivement en charge les affects qui y sont suscités par les dispositifs existentiels propres à la thérapeutique laissent le champ libre à du sacré « ensauvagé ». De sorte que derrière les « protocoles » se profilent des ritualisations non assumées comme telles (mais d’autant plus efficaces), qui ne tournent pas forcément à l’avantage du patient, mais cimentent les communautés professionnelles concernées. La « crise actuelle » de l’hôpital, en tous cas la déstabilisation de ses cultures professionnelles et l’encadrement de plus en plus rigide de ces dernières par des prescriptions médico-légales, provoquent des replis identitaires qui se traduisent par des crispations autour des « rituels » existants comme autour d’un légendaire professionnel très vivace. Dans ces conditions certains - médecins, chirurgiens, infirmières – attendent de leur engagement dans « l’humanitaire », le plus loin possible de notre système de santé, qu’il ressuscite les conditions originelles d’un exercice thérapeutique héroïque qui a longtemps fait toute la saveur du métier à leurs yeux. D’où des attitudes ambiguës à l’égard des innovations techniques : alors que le milieu hospitalier est très intéressé par les nouveautés en la matière, cet héroïsme valorisant repose en partie sur la pénurie en moyens techniques de base. La chirurgie robotique, observée d’abord en France, a donné lieu à des travaux comparatifs concernant le Japon et son système de santé, grâce à plusieurs missions au Japon (entre 2007 et 2009). Dans le domaine des nouvelles technologies chirurgicales, Marie-Christine Pouchelle travaille désormais dans une perspective pluridisciplinaire avec deux autres anthropologues et trois roboticiens.

Parmi ses publications, on signalera : 

Corps et chirurgie à l’apogée du Moyen Age, Paris, Flammarion, 1983, 389 p.(The Body and surgery in the Middle Ages, Cambridge (UK), Polity Press, New Jersey (US), Rutgers University Press, 1989, 279 p.)

L’Hôpital corps et Ame . Essais d’anthropologie hospitalière (1), Paris, Seli Arslan, 2003, 218 p.

L’Hôpital ou le théâtre des opérations. Essais d’anthropologie hospitalière (2), Paris, Seli Arslan, 2008, 192 p.

Le Rêve et son coût humain. Perspectives anthropologiques sur une recomposition du paysage hospitalier, 150 pages (à paraître). 

Articles (sélection) :

« Voyants, magnétiseurs et l'espace du sacré », Autrement n° 15, 1978, p. 108‑120

« Espaces cosmiques et dispositifs mécaniques : le corps et les outils aux Xllle et XIVe siècles », Traverses, mai 1979

« Sur les rapports entre le «savant» et le «populaire» en matière de thérapeutique dans la France médiévale », Paris, Bulletin de liaison du séminaire d'anthropologie médicale, n°4, avril 1981, p. 3-12

« Mme Lambert, médium, ou le passage sur l'autre scène », Sorcières, les femmes vivent Paris, Garance, 1981, p. 38-44

« Images et pouvoirs du sang au Moyen Age », Mentalités, Paris, Imago, n°l, octobre 1988, p. 17-41

« La Nouvelle cuisine des thaumaturges », Ricerca folklorica, 1994, n°29, p. 41-50

« Au bord du Rhin, Hildegarde de Bingen entre chêne et roseau », in Claudie Amado et Guy Lobrichon, Georges Duby, l’Ecriture de l’Histoire, Louvain-Bruxelles, De Boeck, 1995, pp.385-399

« Dans l'hôpital apprivoisé, un trajet initiatique », in Cahier de notes sur...La vie est immense et pleine de dangers (film de Denis Gheerbrandt), Paris, Les Enfants de cinéma, Ministère de la Culture, Ministère de l'Education Nationale, 1997, p.13-18

« Médecine », in Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt (dir.), Dictionnaire Raisonné de l'Occident Médiéval, Paris, Fayard, 1999

« L’héroïsme comme valeur thérapeutique et professionnelle à l’hôpital », in Marie-Claude Grohens, Héros Populaires, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2001, p.130-133

« Fermeture d’Hôpital : quelles Clefs ? », Ethnologie Française, XXXV, 2005/4, p.593-603

« La crise de foie : une affection française ? », Terrain, n° 48, 2007, p. 149-164.

Hyacinthe RAVET

hyacinthe.ravet(at)paris-sorbonne(dot)fr

Sociologue et musicologue de formation, Hyacinthe Ravet est Maître de conférences à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV. Elle y enseigne la sociologie des arts et de la musique au sein de l’UFR de Musique et Musicologie ainsi qu’aux étudiants du Département de sociologie. Ayant soutenu une thèse de Doctorat sur Les musiciennes d’orchestre à l’Université Paris-X-Nanterre en 2000, elle consacre ses recherches à la sociologie de la musique, des arts et de la culture, à la sociologie des professions et à l’analyse des rapports de genre. Plus particulièrement, elle mène actuellement des travaux sur la mise en place d’une interprétation musicale par un chef et des musiciens, et sur les femmes chefs d’orchestre. Membre de l’Observatoire Musical Français, elle appartient également au comité de rédaction de la revue Travail, genre et sociétés (CNRS, La Découverte).


Parmi ses récentes publications :

Sociologie de la musique, n° spécial, (co-dir. avec B. Brévan), L’Année sociologique, 2/2010 (à paraître)

« Musicien «à part entière». Genre et pluriactivité », La pluriactivité dans le champ artistique, M.-C. Bureau, M. Perrenoud et R. Shapiro (dir.), Editions du Septentrion, janvier 2009, p. 127-142

« Les femmes, les arts et la culture. Frontières artistiques, frontières de genre «, (co-dir. avec M. Cacouault), Travail, Genre et Sociétés, n°19, 2008, p. 19-108

« Devenir clarinettiste. Carrières féminines en milieu masculin », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°168, 2007, p. 50-67

« Un regard musico-sociologique : observer la mise en place d’une interprétation musicale », 20 ans de sociologie de l’art – bilan et perspectives, Le Quéau Pierre (dir.), Paris, L’Harmattan, 2007, p. 263-273.