Titre

L'imaginaire de la "télé-réalité" dans le sillage du cinéma? Entre modèle local, francophonie et standardisation

Auteur Charlotte Bouchez
Directeur /trice Prof. Maria Tortajada (UNIL)
Co-directeur(s) /trice(s)
Résumé de la thèse La recherche porte sur un large corpus des discours publics sur la téléréalité parus dans l’espace socioculturel romand, dans le but de dégager l’imaginaire, c’est-à-dire l’ensemble des valeurs, affects et représentations associés à ce terme et d’établir les relations de ces éléments avec le dispositif du cinéma (ou les différentes acceptions d’un dispositif cinéma que ces discours mobilisent et participent à construire). La téléréalité est ainsi envisagée comme un catalyseur pour examiner la façon dont se constituent et se représentent les institutions médiatiques romandes, et permet d’interroger le postulat, fréquemment reconduit dans le champ de la recherche académique actuelle, d’une évolution des sociétés contemporaines vers un « âge médiatique » dont elle serait un des épiphénomènes. La première hypothèse consiste à envisager la programmation de la télévision suisse romande (RTS) en matière de téléréalité comme un cas emblématique de la logique de standardisation et de singularisation des programmes dans le système médiatique contemporain, caractérisé par sa dimension « globalisée ». Les programmes de téléréalité, de par le modèle industriel dont ils procèdent, fonctionnent sur une tension entre mondialisation (entendue comme un synonyme du « globalization » anglophone) et régionalisme ─ qui peut recouvrir plusieurs termes non équivalents mais qui partagent les critères de définition pertinents ici : « local » ou « national ». Cette tension s’accompagne de plusieurs processus d’acculturation qui opèrent au niveau de la production, de la diffusion et de la réception des programmes. Dans cette perspective, il s’agit d’analyser non seulement les programmes audiovisuels diffusés par les chaînes présentes dans cet espace, la RTS et les chaînes françaises, mais aussi les discours sur la téléréalité parus dans l’espace public par le biais de la presse. En inscrivant ces discours dans le dispositif des programmes, en particulier quant aux problématiques liées à la réception, l’analyse permet de décrire les relations entre les instances de production de la RTS et la presse généraliste romande dans le processus de construction d’une identité régionale, qui détermine et justifie leur existence en tant qu’acteurs institutionnels dans ce champ. La recherche s’étendant sur une période de quelques années (env. 1998-2008), elle permet de prendre en compte des phénomènes de circulation entre les discours et les dispositifs, de repérer les modifications dans les descriptions des programmes, les effets de cristallisation et de fixation de référents privilégiés à certains moments dans cette période, et, en particulier, la migration progressive du terme de « téléréalité » vers des discours où il sert de comparant dans l’analyse de dispositifs de théâtre, cinéma, littéraire, ainsi que dans la description de réalités sociales plus vastes (gestion entrepreneuriale, santé publique, vie politique). Parallèlement à cette analyse des migrations du référent « téléréalité » en dehors du champ des discours sur la télévision pour désigner et mobiliser un imaginaire social plus vaste, la seconde hypothèse de développement de cette recherche consiste à confronter le modèle du « local » élaboré à propos de la Suisse romande à l’analyse d’autres cas de « localismes », c’est-à-dire de situations dans lesquelles la constitution d’un espace culturellement défini comme local s’effectue par opposition à un espace plus englobant, comme c’est le cas pour la Belgique francophone ou le Québec vis-à-vis de l’espace de la francophonie et de la France en particulier.
Statut
Délai administratif de soutenance de thèse
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