Titre

Gouverner par le risque: une ethnographie comparée des lieux d'accouchement en Suisse romande

Auteur Solène Gouilhers Hertig
Directeur /trice Mathilde Bourrier
Co-directeur(s) /trice(s) Claudine Burton-Jeangros
Résumé de la thèse L’accouchement est défini par le monde médical comme un moment à risque et incertain, qui doit donc prendre place à l’hôpital. Des controverses croissantes sur le niveau de médicalisation (autour par exemple de l’« épidémie de césariennes ») ne cessent cependant de prendre de l’ampleur. Ma thèse s’inscrit dans cette actualité et propose d’analyser les modalités de régulation de l’accouchement par des dispositifs concurrents (accouchement à domicile, en maison de naissance, à l’hôpital). Je questionne l’usage des techniques, de la médecine et du risque sur la reproduction, en me défaisant de l’idée qu’ils représentent a priori une contrainte pour les femmes, mais en cherchant plutôt à analyser ce qu’ils produisent. J’ai ainsi recours au concept de gouvernement développé par Foucault et à la perspective socioculturelle des risques proposée par Lupton (Lupton 2013b; 2006; Tulloch et Lupton 2003). La « fabrication » du risque au quotidien est analysée en tant qu’entreprise de pouvoir ; le risque n’existe pas en soi, en dehors des dispositifs, des individus et de leurs relations, il émane de ceux-ci. Dans la continuité des travaux de Lupton, il s’agit d’articuler un niveau microsociologique à l’échelon des pratiques individuelles, et plus meso et macro, qui prennent en compte les structures sociales et politiques, et notamment les règlements (institutionnels, la loi, etc.) qui organisent les activités médicales. L’enjeu n’est pas de comprendre pourquoi la naissance est médicalisée, mais comment elle l’est effectivement, par qui, sous quelles conditions et avec quelles nuances (d’appropriation, de distanciation, de résistance, d’instrumentalisation, etc.). Pour réaliser ce projet, j’ai conduit une ethnographie multi sites (Marcus 1995) en Suisse romande. J’ai mené un terrain principal dans une maternité universitaire composé de 6 mois d’observations et de 44 entretiens approfondis avec des sages-femmes, des médecins et des parturientes (/des couples). Un terrain secondaire a été conduit dans le monde de l’accouchement extrahospitalier. Celui-ci a combiné des observations variées dans une maison de naissance, de débats/projections, de cours de préparation à la naissance, etc. 30 entretiens semi-directifs ont été conduits auprès de sages-femmes qui accompagnent des accouchements à domicile et/ou en maison de naissance, et des femmes (/des couples) qui avaient fait ce choix. Dans l’ensemble de ces terrains, j’ai en plus récolté des documents institutionnels (protocoles, dossier de patientes, etc.) et associatifs. Ces outils m’ont permis d’analyser les processus complexes de co-construction des prises en charge légitimes – ou plus contestées – de la naissance et de construction des risques. L’ethnographie comparée à un niveau local a conduit à analyser les dispositifs parallèles (voire concurrents) de prise en charge de l’accouchement et d’analyser les points d’achoppements et de similarités pour montrer comment cela tient ensemble, comment les dispositifs font système, avec ce que cela comprend d’ajustements, de compromis, de prise de pouvoir, de justifications, etc. Ils s’inscrivent plus sur un continuum de pratiques et de représentations qu’en rupture les uns par rapport aux autres.
Statut à la fin
Délai administratif de soutenance de thèse 2017
URL http://www.unige.ch/ses/socio/gouilhers.html
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