Information détaillée concernant le cours

Titre

What do ANTs do? Comment s’approprier la théorie de l’acteur-réseau?

Dates

18 au 20 avril 2018

Organisateur(s)

Solène Gouilhers (HESAV/UNIGE), Leah Kimber (UNIGE), Loïc Riom (Ecole des Mines/UNIGE), Mélinée Schindler (UNIGE/HUG)

Intervenant(s)

A déterminer

Description

Depuis le début des années 80, la théorie de l'acteur-réseau ou sociologie de la traduction s'est peu à peu imposée comme une perspective importante dans le paysage de la sociologie. Née autour des travaux menés par Madeleine Arkich, Antoine Hennion, Bruno Latour, John Law ou encore Michel Callon (voir Akrich, Callon, et al., 2006), cette approche s'est façonnée à partir de l'étude des sciences et des techniques (voir Callon, 1984; Latour et Woolgar, 1988; Akrich, 1989). Elle s'est ensuite rapidement diffusée à d'autres champs de recherche tels que la sociologie de l'art (Hennion, 1993), les études genre (Chabaud-Rychter et Gardey, 2002; Akrich, Gardey, et al., 2008), la sociologie économique (Callon, Akrich, et al., 2013) ou encore la sociologie politique (Callon, Lascoumes, et al., 2001; Latour, 2002). La perspective de la théorie de l'acteur-réseau cherche à observer le social en train de se faire. Pour cela, elle part du point de vue que le social est fait des collectifs d'actants hétérogènes et de l'ensemble des associations et des médiations qui les font tenir ensemble. Elle prête une attention particulière aux rôles des objets et des discours dans la formation du social. Ainsi, cette approche permet d'envisager la distribution des puissances d'actions, sans les attribuer a priori à certains actants. Résolument empirique, elle trace les associations entre les différents actants de manière à décrire les réseaux d'action et à cartographier les controverses qui animent le social. Bien que la théorie de l'acteur-réseau soit désormais utilisée pour étudier des sujets aussi diversifiés que les studio d'enregistrement (Ribac, 2005), la prise de méthadone (Gomart, 2002), la signalisation du métro parisien (Denis et Pontille, 2010), les organisations internationales (Müller, 2012) ou la prise en charge de la maladie d'Alzheimer (Hennion et Vidal-Naquet, 2017), elle conserve cependant l'image d'une théorie limitée aux recherches sur la technologie et les sciences. Pourtant, ses outils sont utiles pour se saisir de sujets très divers. Les techniques et les objets peuplent, en effet, tous les terrains et le social est bien souvent plus fragile et mouvant que certaines catégories sociologiques peuvent le faire penser. Il est donc largement venu le temps, comme l'appelle de ses vœux Dominique Vinck (2016), que d'autres sociologues s'en emparent et la «traduisent» à d'autres objets. Ce module se donne pour objectif de participer à ce projet en offrant aux doctorant.e.s la possibilité de s'approprier cette approche et d'appliquer ses outils conceptuels à leur propre terrain de thèse. Le programme s'organisera autour de deux axes principaux : «suivre les collectifs sociotechniques» et «étudier le social par les controverses». Il sera composé de présentations de chercheur.euse.s confirmé.e.s et d'ateliers pratiques durant lesquels les doctorant.e.s pourront travailler leur propre terrain de thèse et échanger à ce sujet.

Lieu

A définir

Information
Places

15

Délai d'inscription 01.04.2018
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